Images Aléatoires

Lundi 25 février 2008
par Thibault

C’est fait ! Le rythme est à nouveau pris : entre cours et handicapés, entre offices et repas, entre deux bouquins, entre deux films, entre deux articles… C’en est fini des voyages , au moins pour ce temps de carême ; quoiqu’il se terminera sans doute par une retraite commune de tous les volontaires MEP d’Inde, pendant le Triduum, à Pondichéry, chez les Frères de Saint Jean.

Pour entamer ce Carême, il y eut d’abord la mort de Guillaume ; epreuve qui fut l’occasion de goûter à la vanité de nos projets, à ce peu de pouvoir que nous avons sur notre propre condition. Ce départ précipité auprès du Père donne un écho très fort à ce que nous avions entendu, deux jours avant le drame, lors de l’imposition des Cendres : Rappelle-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière.

Le deuxième évènement marquant est le départ de mes deux compères, Alban et Antoine, pour une autre mission à Madras. Au retour de leur renouvellement de visa (ils sont partis voici quelques jours au Népal, les veinards !), Alban devrait rejoindre les enfants de la rue avec les Pères salésiens de Don Bosco, et Antoine un « Point Cœur » à quelques kilomètres de la capitale tamoule. Même si la séparation de leur mission originelle n’est pas facile, ils seront sans doute dans un meilleur climat que celui qui était le leur ces dernières semaines auprès des frères de la charité. Cela ne servirait pas à grand-chose de vous expliquer les tenants et aboutissants de ces péripéties, sachez simplement qu’Alban et Antoine se retrouvaient contre leur gré à couper des noix de coco au lieu de veiller sur les enfants, ce qui évidemment est moins intéressant d’un point de vue missionnaire ! Ils seront donc bien mieux à Madras. Je les regrette déjà, moi qui dois donc passer mes dimanches en solitaire, en attendant l’arrivée d’une volontaire courte durée auprès des Petites Sœurs des Pauvres. Pour ma part, je continue d’aller chaque soir chez les « Brothers », pour m’occuper des handicapés et profiter de leur prière communautaire vespérale. Les relations sont a peu près bonnes, malgré le départ d’Alban et d’Antoine.

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Voilà pour ce qui est des nouvelles fraîches. Mon sentiment général, depuis mon retour de Thaïlande, est très étonnant : alors que je m’attendais à avoir du mal à retourner dans le bruit, la pollution, la foule, je fais au contraire l’expérience d’un bien-être inconnu : je commence à me sentir chez moi. Non qu’aux yeux des Indiens j’aie perdu mon statut d’étranger, non que ma vie sociale prenne un envol fulgurant ; cependant je crois avoir tout juste cessé de me sentir oppressé par l’extérieur. Le regard du pauvre, l’interpellation du marchand, les rires moqueurs du jeune sur sa moto, les klaxons, tout ce qui crée en nous ce triste mais naturel renfermement ne provoque plus chez moi qu’amusement et plaisir, avec en toile de fond un vague sentiment nostalgique qui me dit qu’un jour, qui n’est pas si lointain, tout cela s’arrêtera. Eh oui ! Mon retour sur le sol de la Mère Patrie est définitivement fixé le 17 juillet prochain, dans l’après-midi. Si vous voulez organiser un comité d’accueil, plutot qu’une courrone de fleurs, pensez a une cote de boeuf…

Cette semaine, les examens trimestriels commencent. Pas de cours pendant une semaine. Mais une pile de copie m’attend déjà. Le week-end, je partage mon temps entre les cours du samedi matin, la Messe dominicale (à 7 heures… et c’est la plus tardive), et un peu de temps perso pour bouquiner, faire un peu de sport (je cours trois à quatre fois par semaine ! Avec le soleil et la pollution, c’est pas de la tarte !). J’organise aussi quelques sorties avec les enfants de l’ambulancier des Frères de la Charité. Je me suis lié d’amitié avec cette famille, dont les deux petites filles, 9 et 7 ans, sont pleines de vie. Dimanche dernier, nous sommes allés au Zoo de Mysore, comme vous pouvez le voir sur cette photo, où l’une de leurs amie (en rose) nous accompagnait.

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Je passe aussi quelques heures par semaine (en general le dimanche en fin de journee) dans une maison fondée par un prêtre et qui tient lieu d’orphelinat. Cette maison, tenue par une dame ayant atteint l’age canonique, fonctionne comme une grande famille. Les enfants n’y sont qu’une petite quinzaine, et je passe des moments tres forts avec eux. Ils me montrent leurs danses, leurs morceaux de guitare. Je leur ai appris le « madison » il y a deux semaines, ils se débrouillent à la perfection. Je leur apprends aussi des chansons, la derniere etant « bonne nuit les petits amis », que maman nous chantait pour nous endormir...

Ici les journées commence à être chaudes, surtout dans l’après-midi où le mercure peut monter jusqu’à 35-40°C. Et ce n’est que le début de l’été ! Sur mon vélo, le pilotage en est d’autant plus éreintant. Je vous avais promis de vous raconter ce qui se passe sur les routes Indiennes. Mais pour ne pas inquiéter les âmes sensibles, je me contenterai de dire que c’est assez dangereux. Je suis contraint, la nuit, de rouler en sens inverse du trafic, pour être certain de voir et d’être vu. Ici, évidemment, les vélos n’ont pas de phares. Remarquez, les voitures et les motos n’en n’ont pas non plus dans les descentes, parce qu’ils coupent leur moteur pour gaspiller le moins possible de pétrole… Ajoutez à cela le fait qu’il m’est déjà arrivé de me tromper de sens sur un rond-point (ça fait bizarre…) ; que l’on s’accroche aux rickshaws dans les montées (ça me rappelle mes années roller à Paris…), et que la nuit ne permet pas de voir les trous énormes que creusent quotidiennement les énormes camions sur toutes les routes de la ville.. Voilà à peu près ce que vous vivrez si vous montez un jour sur un vélo en Inde. Tout cela accompagné des moqueries de tous ceux que vous croisez (on finit par y être insensible), qui se demandent tout simplement ce que fait un riche sur le moyen de transport des pauvres. 

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Mais le vélo reste bien, pour avoir fait la comparaison, le meilleur moyen de locomotion : rapide, économique, pas coupé du monde derrière la vitre fumée de son casque ou de sa voiture. Les risques de la route sont le prix à payer pour goûter l’Incredible India jusque dans ses recoins les plus cachés, les plus saugrenus, les plus sauvages, en pleine ville ou en rase campagne.  A quand le Vélib en Inde ?

 

Voilà donc quelques brèves de mon pays lointain. Je confie à votre prière Gatien et petit Henri,qui ont tous deux besoin de notre soutien spirituel. Par ailleurs, action de grâce pour trois petites filles nées ces derniers temps : Marie-Camille, sœur de mon filleul Xavier, chez Christophe et Thérèse Maurin ; Héloïse chez mes cousins Guillaume et Émilie Furri, et Évangéline chez Pierre-Marie et Caroline Chancerelle. A la prochaine !

               

 

 


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